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Accueil du site > Programmes 2014 - 2018 > Expression des comparaisons d’égalité et de similitude

Expression des comparaisons d’égalité et de similitude

Responsables du programme : C. Chamoreau, SEDYL Y. Treis, LLACAN

Laboratoires de la fédération impliqués dans le programme : 6 (CRLAO, DDL, LACITO, LACNAD, LLACAN, SEDYL)

Participants de la fédération :

Chercheurs et enseignants-chercheurs : CRLAO : K. Chirkova, G. Jacques – DDL : F. Rose, B. Pakendorf – LACITO : F. Guérin, C. Taine-Cheikh – LACNAD : K. Naït-Zerrad – LLACAN : O. Ambouroué, M. van de Velde, M. Vanhove, P. Roulon-Doko, M.-C. Simeone-Senelle, Y. Treis – SEDYL : C. Chamoreau, D. Costaouec, Danh Thành Do-Hurinville, A. Donabédian, K. Haude.

Doctorants et postdoctorants : SEDYL : F. Muchumbled, J. Rangel - LLACAN : M. Hassan Kamil

Participants extérieurs

Chercheurs et enseignants-chercheurs : K. Duvignau (ERSS), B. Fourcaud (U. Antilles Guyane), M. Vuillermet (U. Radboud)

Experts pressentis: B. Creissels (U. Lyon 2), M. Haspelmath (MPI Leipzig), B. Hellwig (U Cologne), J. Ylikoski (UiT Arctic U), W. Schulze (U. Munich).

Langues étudiées

Afrique : arabe, berbère, maltais (sémitique), afar, bedja, kambaata (couchitique), gbaya (oubanguienne), orungu, myene (Bantou), baskeet (omotique). Amérique : émérillon (tupi-guarani), ixcatèque (Otomangue), mojeño trinitario (arawak), movima (isolée), pech (chibcha), purépecha (isolée), créole guyanais. Asie : Baima, tibétain (tibeto-birmane), chinois (sinitique), shixing, lizu (qiangique), japhug (rgyalrong), tchétchène, ingouche (caucasienne) Europe : arménien, breton (indo-européen)

Problématique : Toutes les langues du monde ont à leur disposition des moyens pour exprimer les différents types de comparaison, mais certaines expressions de comparaison ont davantage été étudiées que d’autres. Alors que les constructions de comparaison d’inégalité (surtout celles de supériorité) ont été relativement bien étudiées tant d’un point de vue typologique (cf. par ex. Andersen 1983 ; Stassen 1985; Dixon 2008) que d’un point de vue des langues individuelles (cf. par ex. Heine 2003, Chamoreau 1995, 2008, 2012), les constructions de comparaison d’égalité ont peu attiré l’attention des descripteurs de langues et des typologues. De même, la comparaison de similitude (ou similarité), et l’expression de la simulation, n’ont commencé à être étudiées que très récemment (Haspelmath & Buchholz 1998, Cuzzolin & Lehmann 2004, Fortescue 2010, Creissels 2011 [2012]). C’est pourquoi ces trois types de comparaison sont les objets d’étude de ce programme. Ils sont liés au niveau sémantique : alors que la comparaison d’égalité exprime que le comparé et le standard sont identiques par rapport à une dimension spécifique (expression quantitative), la comparaison de similitude exprime une équivalence multidimensionnelle mettant en valeur la manière (expression qualitative). La simulation se distancie sémantiquement des deux premiers types de comparaison et oriente l’appréciation du locuteur sur un fait qu’il fait paraître comme réel ou effectif alors qu’il ne l’est pas.

Objectifs scientifiques et intérêts du programme

- 1. Une typologie des constructions de comparaison d’égalité et de similitude

Partant d’une définition conceptuelle de l’expression de la comparaison d’égalité et de la comparaison de similitude ainsi que de la simulation, nous souhaitons explorer la diversité des constructions syntaxiques permettant leur expression dans diverses langues. Suivant Stassen (1985 : 24), la comparaison peut se définir au niveau cognitif comme un acte mental par lequel est assignée à deux objets une position sur une échelle prédicative. La position peut être différente (comparaison d’inégalité) ou identique (comparaison d’égalité). Cette dernière renvoie dans ce contexte à une expression quantitative de la position respective des comparés par rapport à la qualité comparé. En revanche, la similitude se définit au niveau cognitif comme une position intermédiaire entre réalité et apparence et entre identité (égalité) et différence. Fortescue (2010) indique que l’encodage de cette comparaison se situe souvent sur un continuum same-like-different. La comparaison de similitude renvoie donc à une expression qualitative de la position respective des comparés. De même, la simulation est fortement liée à une expression qualitative et contrôlée du locuteur. Afin de dessiner des typologies de ces trois types de constructions, nous nous attèlerons à poursuivre des objectifs dans trois perspectives : a) Nous analyserons les notions cognitives et sémantiques qui sous-tendent l’expression quantitative versus qualitative des types de comparaison, en particulier les concepts scalaires et gradables (nous utiliserons des cadres théoriques divers pouvant alimenter nos études : Fuchs 2007, Heine 1997, Mc Nally & Kennedy 2007, Stassen 1985). b) Nous étudierons et comparerons les propriétés et contraintes syntaxiques des constructions (nous comparerons nos résultats à certaines typologies existantes : Andersen 1983, Cuzzolin & Lehmann 2004, Dixon 2008, Heine 1997, Stassen 1985, 2005). c) Lorsque les données sont accessibles, notre objectif sera aussi d’examiner ces constructions d’un point de vue diachronique afin de comprendre les sources et possibles chemins de grammaticalisation, tant des types de constructions que de certaines catégories fonctionnant comme marqueurs spécifiques dans différentes langues (nous comparerons nos résultats avec certaines études telles que : Cuzzolin & Lehmann 2004, Fortescue 2010, Güldemann 2008, Haspelmath & Buchholz 1998).

- 2. Typologie des ‘Systèmes’ de comparaison. Perspective comparatiste

Les objectifs énoncés ci-dessus permettront tant de situer la langue par rapport aux typologies existantes que de comprendre le système de comparaison de la langue au niveau cognitif (les possibles limites, contraintes de l’utilisation de la comparaison, en particularité en ce qui concerne l’opposition entre animé/inanimé ou la comparaison possible ou pas d’événement/d’objet/de qualité, etc.) en comparant les différentes constructions utilisées pour l’expression des différents types de comparaison, par ex. les langues qui utilisent des constructions parallèles pour la comparaison d’égalité et d’inégalité (même si cette seconde ne constitue pas notre objet d’étude centrale, elle participe d’un système plus ample) (cf. les travaux de Fortescue (2010) pour une discussion entre comparaison d’égalité et comparaison de similitude ou la typologie de Dixon (2008) pour un travail de comparaison plus ample).

- 3. Développement de questionnaires et stimuli spécifiques

Une des premières difficultés auxquelles le linguiste est confronté est la rareté de ces constructions dans les corpus recueillis par questionnaires ou dans des récits. En revanche, dans les conversations et discussions, la fréquence augmente bien que ces données demeurent quantitativement peu importantes. Un des premiers objectifs du projet sera donc de développer des questionnaires spécifiques et de stimuli non verbaux (images, clips vidéos, du type des stimuli Max Planck Institute…) permettant d’enrichir nos corpus avec ces types de constructions. Ces stimuli auront pour objectifs de montrer des situations ou entités dynamiques qui peuvent être comparés.

Résultats attendus

  • Développement de typologies des expressions de comparaison d’égalité, de similitude, et de simulation basées sur la réflexion critique de la littérature typologique et surtout de l’analyse des données particulières (données originales de première main) de chacun des participants.
  • Développement des stimuli non-verbaux (images et vidéo clips) pour le recueil des données non-influencées par une langue intermédiaire
  • Publications des résultats des recherches dans un ouvrage chez un éditeur reconnu (international) ou dans une revue internationale.