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Accueil du site > Programmes 2014 - 2018 > Les questionnaires : recensement, analyse, valorisation et réflexion épistémologique

Les questionnaires : recensement, analyse, valorisation et réflexion épistémologique

Responsable(s) du programme : Aimée Lahaussois (HTL)

Laboratoires de la fédération impliqués dans le programme : 7 (CRLAO, DDL, HTL, LACITO, LLACAN, LLF, LPP)

Participants de la fédération

Chercheurs et enseignants-chercheurs :

CRLAO : G.Jacques - DDL : N. Cáceres, N. Chevrier, A-L. Dotte, C.Grinevald, C. Imbert, M. Ishibashi, A. Kopecka, S. Manus, S.Voisin, G. Walther - HTL : A.Lahaussois - LACITO : C.Moyse, M.Petrovic, A.Vittrant - LLACAN : M. Lafkioui - S. Robert - LLF : A. Roulois - LPP : Jean-Léo Léonard

Problématiques Le questionnaire linguistique est un outil bien connu des linguistes de terrain et typologues, mais, à part le site Typological Tools for Field Linguists (Max Planck EVA) et la collection d’outils d’élicitation de Bouquiaux et Thomas (1976), il n’est pas particulièrement aisé de trouver des questionnaires à utiliser sur le terrain. Notre projet commencera par un recensement des questionnaires existants, un classement puis une analyse, afin d’aboutir à une typologie de cet outil, et de nous interroger sur ce qu’on peut entendre par le terme "questionnaire". Le but ultime du projet est la constitution et publication sur internet d’un fonds de questionnaires linguistiques.

Objectifs scientifiques et intérêts du programme

Nous proposons un programme qui aura pour objet d’étude les questionnaires et stimuli linguistiques. Ce programme comporte les quatre volets suivants : recensement des questionnaires et stimuli existants, analyse et typologie des outils, réflexion épistémologique, et valorisation à travers publication sur un site dédié.

Nous adopterons, au démarrage de ce projet, une définition très large du questionnaire : outil d’élicitation de données linguistiques à utiliser dans un projet comparatif ou descriptif, comprenant donc non seulement les questionnaires écrits (de type traduction de phrases ou à base de questions analytiques) mais aussi les stimuli (dessins, jeux, vidéos).

Nous regarderons également les gabarits descriptifs (tels que Comrie and Smith 1977), les manuels de terrain (Payne 1997), les "checklist" dans des ouvrages typologiques (comme l’annexe de Kemmer 1993) ainsi que des schémas structurants plus abstraits, comme la notion de grammaire latine étendue (Auroux 1992). L’idée est de prendre en compte, dans un premier temps, tous les outils et concepts qui servent à structurer l’élicitation de données à des fins descriptives ou typologiques, pour arriver, au terme du projet, à une définition plus nuancée.

Nous commencerons par un recensement des questionnaires existants. Mis à part le très riche site du Département de linguistique de l’institut Max Planck à Leipzig qui dévoue une rubrique entière ("Typological tools for field linguists") à une compilation de questionnaires élaborés dans le cadre de différents projets typologiques (et dans une moindre mesure descriptifs), il est relativement difficile de trouver des questionnaires sur les sites d’institutions travaillant en typologie ou linguistique descriptive. On en trouve néanmoins sur quelques sites d’organismes de recherche et d’universités: LLACAN (qualification), Université de Stockholm (Linguistics of Temperature). La diversité des aires géographiques des participants à notre programme favorisera la recherche de questionnaires dans des endroits divers (publications, réseaux ou colloques), et nous bénéficierons du réseau de la Fédération de typologie dans notre collecte de questionnaires.

La constitution de ce fonds de questionnaires sera le point de départ pour une interrogation collective sur le rôle et l’utilité des questionnaires pour la pratique descriptive et plus généralement, pour la documentation linguistique. Nous analyserons l’ensemble des questionnaires recueillis, afin d’établir une typologie du questionnaire. Pour les questionnaires écrits, nous réfléchirons aux différences concrètes entre les questionnaires élaborés pour des enquêtes typologiques et ceux élaborés pour la linguistique de terrain, pour évaluer quelles sont les parties génériques du questionnaire. Il en sera de même pour les deux grands types de questionnaires, c’est à dire ceux à base de questions analytiques (nécessitant des connaissances en linguistique) et ceux qui sont des exercices de traduction (ne nécessitant pas de connaissances techniques, mais en revanche un bon apprentissage de la langue source).

Nous nous interrogerons, entre autres, sur les questions suivantes :

- a) Quelles sont les bonnes pratiques à adopter dans l’élaboration de questionnaires typologiques ? Quelle est l’importance du métalangage technique utilisé ? Des consignes données sur l’utilisation du questionnaire ? De l’homogénéité du public ciblé ?
- b) Questionnaires pour situations de terrain non standard : Est-il possible d’élaborer des questionnaires utilisables sans la participation d’un linguiste, où les données sont recueillies et commentées/analysées par les locuteurs ? Quels outils existent pour l’élicitation monolingue ? Peut-on utiliser des questionnaires pour recueillir des données sur les langues sans locuteurs ? En quoi ces outils pour des contextes particuliers sont-ils différents des outils plus classiques ?
- c) Quels sont les outils utilisés pour la description linguistique avant le XXeme siècle ? Comment ces outils ont-il évolué avec le développement des connaissances en typologie ?

Nous nous interrogerons finalement sur la place du questionnaire dans la boite à outils du linguiste. Avec le développement de la linguistique de corpus, notamment l’élaboration d’outils performants d’analyse de corpus (monolingues mais aussi parallèles/comparables), les questionnaires et autres outils d’élicitation sont-ils voués à l’obsolescence ? Dans la quête de structures provenant de narratifs spontanés, le questionnaire perd-il sa place comme générateur de données de comparaison/contraste linguistique ? Ces idées ont été traitées dans le numéro spécial de Sprachtypologie und Universalienforschung sur les corpus parallèles (Cysouw et Wälchli 2007), et nous chercherons à poursuivre la réflexion sur ce sujet.

Le volet final du projet sera la mise en ligne des questionnaires recueillis. Ceci se fera bien évidemment avec l’autorisation des auteurs des questionnaires, et la valorisation des outils sera accrue si le site est hébergé par la fédération de typologie et d’universaux linguistiques. La mise en ligne s’articulera autour de plusieurs critères :
- thématique
- type de questionnaire (catégorie à déterminer en fonction des résultats de nos recherches et réflexions, mais a priori les catégories de questionnaires seront les suivantes : analytiques vs de type traduction, typologiques vs descriptifs, utilisation ciblant linguistes vs non linguistes)
- zone/famille linguistique
- langue du questionnaire ; les traductions, quand elles existent, seront associées aux originaux.

Résultats attendus

- Constitution d’un fonds de questionnaires linguistiques
- Typologie et définition du questionnaire linguistique
- Valorisation des questionnaires recueillis, à travers une publication sur un site dédié et facilement identifiable comme tel
- Evaluation de l’impact et du futur du questionnaire linguistique comme outil de description et de comparaison.