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Typologie des modalités

Responsables : Z. Guentchéva (LACITO) & J. Landaburu, (CELIA)
Laboratoire gestionnaire : LACITO

Nombre de laboratoires de la fédération impliqués : 3 (LACITO, CELIA, DDL)

Participants de la fédération :
LACITO : F. Alexandre, I. Bril, A. Daladier, V. De Colombel, M. Dunham, C. Raichoor, Z. Guentchéva, C. Taine-Cheikh, N. Tournadre, E. Valma, A. Vittrant ; CELIA : J. Landaburu (jusqu’à janvier 2007), L. Goury (jusqu’à janvier 2005), M.-F. Patte (jusqu’à janvier 2005), O. Lescure (jusqu’à janvier 2005) ; DDL : A. Guillaume, (jusqu’à 2006) Doctorants (LACITO) : L. Bellahsene, M. Pétrovic-Régnault, E. Del Bon Collaboration nationales (participants hors fédérations) B. Gorgatchev (Université Paris 13 - LALIC ), V. Vapnarsky (EREA-CNRS) , A. Vinzerich (ATER Université paris-Sorbonne) Collaborations internationales (participants étrangers) : C. Bert (Université d’Anvers) ; P. Dendale (Université d’Anvers) ; J. Van der Auwera (Université d’Anvers), M. Duval (Université de Zurich)

Objectifs :
Le programme P 2.2 traite de la catégorie de la modalité, pour se demander quelles sont les valeurs modales exprimées à travers les langues en confrontant des données de langues aussi diverses que possibles (langues européennes, amérindiennes, africaines, océaniennes, etc.). Il s’agit, par là, de contribuer à l’établissement d’une typologie des modalités : quelles sont les valeurs modales centrales vs périphériques ? Quelles sont celles qui tendent à recevoir une expression grammaticalisée à travers les langues, et de quel type s’agit-il (flexions, affixes, mots grammaticaux) ? Le choix du « médiatif » pour aborder l’étude typologique de la modalité s’explique par le statut controversé de cette modalité vis-à-vis de l’épistémique qui reste donc à préciser.

A partir de données de langues diverses et des questionnements théoriques systématiques, ce double objectif conduit à s’interroger sur la pertinence des notions mises en œuvre dans certains modèles en vue de construire des « cartes notionnelles » couvrant le champ sémantique du domaine modal avec la mise à l’épreuve des articulations entre les différentes zones de la carte élaborée. Le but final est de mieux cerner le champ de la modalité épistémique conduisant à des études qui, fondées sur une cohérence théorique, transcenderaient une langue ou une famille de langues.

Langues étudiées : Familles : amérindiennes, dravidiennes, océaniennes, tibéto-birmanes, sémitiques, slaves Langues : andoke, arabe maghrébin, arabe yéménite, badaga, berbère, birman, bulgare, français, grec, maya, mwotlap, néerlandais, nêlêmwa, ouldémé, pnar, tibétain, valach, war, zenaga.

Bilan

Des réunions scientifiques sous forme de séminaire mensuel se sont tenues de 2003 à 2006 avec des exposés de chercheurs français ou étrangers. A partir de 2007, le programme s’est poursuivi par des journées de travail. Les premières réunions du groupe ont été consacrées à une présentation d’approches théoriques et générales sur la modalité. Elles ont donné lieu à des discussions qui concernaient essentiellement l’homogénéité du champ notionnel, la structuration du domaine modal au moyen de cartes sémantiques et les perspectives de la typologie de la modalité, les représentations mentales et les catégorisations linguistiques. Ce questionnement théorique s’est poursuivi par un exposé sur la méthode, l’analyse et la comparaison de l’expression de la modalisation épistémique (clitiques ou affixes) en basque et dans quelques langues. On s’est également interrogé sur la pertinence d’inclure le domaine de la « médiativité » dans celui de la modalité épisté¬mique, à partir de l’analyse de données de langues (bulgare, persan, tadjik…) où elle s’exprime au moyen d’une modification de la flexion verbale. Le statut de la « mirativité » comme catégorie indépendante par rapport à celle de l’evidentiality a également été posé et discuté. La réflexion s’est poursuivie avec l’examen de systèmes modaux appartenant à des langues particulières mais touchant à la problématique plus générale de la catégorie de la modalité : interactions entre les valeurs de pouvoir, vouloir, devoir en français, présence du locuteur dans l’expression de la modalité en coréen et en japonais, interaction entre la modalité et d’autres catégories dans les langues amérindiennes. Un certain nombre de problèmes récurrents ont été mis au jour à la fois sur le plan théorique (délimitations du champ sémantique d’une catégorie comme la médiativité, la modalité épistémique et la modalité déontique) et sur l’analyse des valeurs modales et le degré de leur grammaticalisation au sein d’une langue donnée. Ont été ainsi confrontées et discutées d’autres approches théoriques de la modalité dans des langues très diverses : langues austronésiennes, romanes, mayas (en particulier tzotzil), ou encore les modalités en cavinena et en birman.

Un questionnement théorique plus global a fait l’objet de trois journées d’étude.

- La journée d’étude du 9 mars 2007 a été consacrée à une confrontation de trois modélisations (approches typologique, modulaire, énonciative) dans le cadre d’un modèle topologique.

- La journée d’étude du 14 juin 2007 a été consacrée à une confrontation des positions théoriques sur la place de la modalité épistémique dans le domaine modal et à l’étude de cas (conditionnel, négation, prise en charge).

- La journée d’étude du 17 avril 2008 a été l’occasion de (i) rediscuter le problème théorique épineux de la relation entre modalité épistémique et evidentiality (ii) en avançant des arguments en provenance des langues baltes pour ne pas inclure la catégorie du médiatif dans le champ sémantique de la modalité épistémique et pour définir une catégorie de l’épistémicité avec deux sous-domaines bien délimités : ‘epistemic-support domain’ et ‘evidential meaning domain’ et (iii) de mettre en évidence la nécessité d’une approche énonciative permettant d’isoler, à partir d’une analyse très fine des données de l’anglais, les opérations sous-jacentes aux valeurs modales en vue d’une modélisation, (iv) d’engager la discussion sur la modalité déontique à partir des verbes ’mogen’ (’may’) and ’moeten’ (’must’) du néerlandais.

Lieu de réflexion sur les problèmes de conceptualisation et de catégorisation, ces réunions et journées d’étude ont montré la nécessité de maintenir, contrairement à une conception souvent défendue, une distinction entre la modalité épistémique et la catégorie de la médiativité. En effet, même si la valeur d’inférence implique toujours un certain degré de probabilité ou que le ouï-dire suggère une moins grande fiabilité qu’une information acquise par une perception visuelle directe, le phénomène médiatif n’est pas de nature épistémique au même titre que le probable.

Résultats

1) La publication de l’ouvrage L’énonciation médiatisée II : Le traitement épistémologique de l’information : illustrations amérindiennes et caucasiennes.

2) Participation à des colloques internationaux, comme le Workshop consacré aux problèmes de la modalité dans le cadre du Congrès Internatinal des Linguistes qui s’est tenu en juillet 2008 en Corée.

Force est de reconnaître cependant que la réalisation de ce projet rencontre un certain nombre de difficultés. D’une part, les recherches en sémantique grammaticale constituent un domaine qui exige un investissement particulièrement important comparées à celles en syntaxe : les données à l’intérieur même d’une langue particulière sont d’une grande complexité, les expressions linguistiques sont presque toujours polysémiques, les notions associées aux marques modales ne sont pas clairement définies et varient même au sein d’une même famille de langues ou encore leur définition varient d’un auteur à un autre. De plus, la création d’autres programmes de la Fédération qui s’appuient sur des acquis ou qui s’inscrivent dans des recherches déjà constituées en typologie et l’appel d’offre pour des projets ANR ou européens, ont conduit certains participants à abandonner le programme ou à y participer occasionnellement.

Effets structurants

En dépit des difficultés évoquées ci-dessus, le programme a permis d’établir des relations très soutenues avec des spécialistes du domaine (J. van der Auwera, P. Dendale, B. Cornellie, J. Nuyts de l’Université d’Anvers) et d’envisager la mise en place d’un réseau de collaborations internationales (Italie : M Squartini, P. Pietrandrea ; Lituanie : A. Holvoet ; Danemark : K. Boye). D’autres collaborations internationales se profilent, notamment avec l’Université d’Uppsala (H. Kroning) et Johannes Gutenberg University Mainz (B. Wiemer).

Production
Ce programme a donné lieu à la production de 1 DO, 5 Chap-OS, 1 ACL, 1 ACLN, 10 COM Les résultats de ce programme doivent se concrétiser par deux types de publication en 2009 : a) un numéro de revue avec une orientation plus théorique sur la modalité épistémique (des contacts ont été pris avec la revue Langages) ; b) un ouvrage collectif avec des contributions plus descriptives.