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Accueil du site > Programmes 2010-2013 > Typologie de la Trajectoire - Complexité et Changements des Systèmes Typologiques

Typologie de la Trajectoire - Complexité et Changements des Systèmes Typologiques

Responsables du programme : Colette Grinevald (DDL), Jean-Michel Fortis (HTL) et Alice Vittrant (LACITO)

Laboratoires impliqués de la fédération : 4 (DDL, HTL, LACITO, SFL)

Participants de la fédération :

Chercheurs et enseignants-chercheursDDL : A. Guillaume, C. Grinevald, D. Lewis, A. Söres, A. Kopecka ; HTL : J-M. Fortis ; LACITO : C. Moÿse-Aurie, A. Vittrant ; SFL : P. Cabredo-Hofherr
9 doctorants (DDL).

Participants hors fédération :LATTICE : B. Fagard, L. Sarda ; Université Lille III : M. Lemmens, A. Risler Participants étrangers : D. Moreira Gomez (Univ. de Brazilia), A. M. Ospina (Univ. Nationale de Bogota, Colombie), C. Papahagi (Univ. Babes-Bolyai, Roumanie)

Langues étudiées
Amérindiennes : groupe caribe : ye’kwana ; groupe maya : jakaltek popti’, tojol’ab’al, huastèque ; groupe maku : yuhup ; groupe tacanan : cavineña, reyesano, ese ejja ; groupe tucanoan : tanimuca ; groupe tupi : munduruku ; Austronésiennes : tagalog ; wallisien, futunien ; Japonais ; Sino-tibétaines : birman, chinois mandarin ; Caucasiennes (kartvéliennes) : laze ; Couchitiques : somali, Niger-Congo : kposo, langi, swahili ; Finno-ougriennes : hongrois ; Indo-européennes : grec homérique, vieil anglais, ancien et moyen français, anglais, allemand, néerlandais, espagnol, français, roumain, polonais, russe ; Langue des signes française.

Thématique
Le but de ce projet est de décrire les stratégies lexicales et grammaticales employées par les langues du monde pour exprimer la trajectoire et ses différentes parties (source, médian et but).

Objectifs
Ce projet est un prolongement, pour 2 ans, du programme P 2.1. du précédent quadriennal. Les objectifs sont de finaliser l’établissement d’une typologie de l’expression de l’espace qui prend en compte lexique et grammaire, sémantique et morphosyntaxe ainsi que leurs articulations. Ceci suppose de faciliter la collecte et l’analyse de nouvelles données dans le plus grand nombre de langues possible, et pour cela, de s’appuyer sur divers outils en cours d’élaboration, destinés à permettre l’étude de la trajectoire par des linguistes de terrain éloignés de centres de recherche et/ou de la France.

  1. Outils méthodologiques

  2. Ces outils comprennent :

    (a) des lexiques :

    • un lexique des concepts théoriques (c-à-d de notions sémantiques intervenant dans l’analyse, par exemple celles de “cadre de référence”, de “polarité verbale”, de “site” ou de “lieu”) ; en cours de traduction en anglais. Ce lexique est accompagné d’une introduction générale (traduite en anglais).
    • un lexique des formes, consistant en un inventaire des formes morphosyntaxiques (y compris des constructions) employées pour l’expression de la trajectoire (par ex. “préverbe relationnel”, “préfixe locatif” ou “particule directionnelle”). Ces deux lexiques ont pour but de stabiliser la terminologie et de fournir rapidement des informations utiles aux chercheurs.

    (b) des outils d’élicitation :

    • un questionnaire sur les adpositions
    • un DVD, protocole d’élicitation destiné à susciter des descriptions de trajectoire, contenant 76 clips très brefs montrant des personnes en déplacement. Le recueil des données a été effectué pour 15 langues dans la première phase du projet et s’étendra à de nouvelles langues (au moins 15, étudiées notamment dans le cadre de thèses de doctorat). Le codage des données (sous le logiciel ELAN) mis au point dans la première phase du projet sera généralisé aux langues de la deuxième phase.

    (c) un système de codage permettant de coder toutes les langues et d’établir une base de données interlangues (codage avec le logiciel ELAN). Les données provenant des différentes langues sont codées dans un template uniforme. Un manuel d’utilisation d’ELAN et un manuel de codage des données ont été élaborés. Ils permettent aux membres de se familiariser avec le logiciel et d’appliquer un codage standardisé.

  3. Analyse des modes d’expression de la trajectoire

  4. Cette analyse se poursuit à trois niveaux :

    Niveau I : Ce niveau consiste en un inventaire et une description des instruments morphosyntaxiques et des constructions. On s’efforce aussi de stabiliser la terminologie descriptive. Il s’organise en plusieurs domaines : description des domaines adnominal (adpositions et cas), adverbal (satellites du verbe, c-à-d, préverbes, “particules”, directionnels libres ou liés au verbe, affixes de mouvement), verbal (transitivité verbale, types de constructions verbales, par ex. les séries verbales, mais aussi les alternances de voix).

    Niveau II : ce niveau met en relation les éléments des différents domaines (adnominal, adverbal et verbal) et leurs dynamiques. Les questions posées concernent :

    • les processus de grammaticalisation qui lient ces domaines (comme par ex., l’évolution des adpositions en préverbes, s’agissant du grec homérique ou du rama (maya) ; ou l’évolution de verbes de mouvement vers des particules directionnelles)
    • et dans un cadre diachronique et intralinguistique, l’évolution de systèmes (tels que les systèmes d’adpositions), et de modes de construction, par ex. le passage d’un mode de construction à cadre satellitaire vers un cadre verbal (voir infra, section 6, pour ces notions).

    Niveau III : Il s’agit ici proprement du niveau typologique, c-à-d du niveau de comparaison interlinguistique et de synthèse. Les questions posées sont les suivantes :

    • d’un point de vue structurel : la dichotomie cadre satellitaire / verbal étant insuffisante, combien de types de construction observe-t-on ? Comment caractériser et classer les différents types de construction ?
    • motivation : L’existence de constructions homologues dans différentes langues a-t-elle des motivations, par ex. sémantiques ?
    • comment s’organise la distribution de l’information ? Quel type d’information est en général privilégié ? Par ex., le marquage du but, plutôt que celui de la source du mouvement, est-il privilégié ?
    • comment évoluent les langues ? En exploitant les résultats obtenus au niveau II, on se demandera comment et pourquoi les langues changent de type. Par ex., le grec homérique et le rama (maya) semblent progressivement intégrer des postpositions au verbe en les préverbant. Ce phénomène a-t-il la même explication dans les deux langues ?

    Le programme a progressé à ces trois niveaux. Les membres qui travaillent sur le terrain sont au niveau I. D’autres travaillent sur la diachronie intra-langue (niveau II). Enfin, d’autres membres mènent une réflexion inter-langues (niveau III), par ex. sur la typologie de Talmy (voir section 6) ou encore sur des points de comparaison précis entre des langues (par ex. les séries verbales, les préverbes ou les particules directionnelles). Le programme doit, dans cette phase finale, finaliser les analyses des différentes langues étudiées à ces trois niveaux.